ONOMATOPÉES,

Impressions typographiques sur papier encollé,

5m x 3m, 2011

 

"Prêter attention à ces signes-pas-tout-à-fait-du-monde - ressentir tsupu "en lui même, sans considération de quoi que ce soit d'autre" - révèle quelque chose de la nature du langage et de ses ouvertures inattendues sur le monde "en lui-même". Dans la mesure où cela peut nous permettre de comprendre que les signes ne sont pas limités par les contextes humains, mais s'étendent aussi au-delà de ceux-ci - dans la mesure, autrement dit, où cela nous permet de montrer que les signes sont dans, de et sur des mondes sensibles autres, mais que nous aussi pouvons ressentir-, cela pourrait aussi nous permettre de dépasser une conception de l'humain en termes de "touts complexes" qui font de nous ce que nous sommes. En résumé, comprendre ce que cela peut vouloir dire de "vivre" (causa-ngapa en quechua) dans des mondes ouverts à ce qui s'étend au-delà de l'humain pourrait nous aider à devenir un petit peu plus "du monde"."

 

"Ta ta et pu oh, comme tsupu, sont des images qui ressemblent à ce qu'elles signifient. Ta ta est une image de coups de machette : tap tap. Pu oh reproduit le processus de l'effondrement d'un arbre. Le bruit sec qui annonce son vacillement, le bruissement de son feuillage chutant à travers les différentes couches de la canop et l'écho produit lorsqu'il tombe sur le sol avec traces : toutes les séquences de l'événement se déplient à partir de son image sonore."

Eduardo Khon, Comment pensent les forêts, éditions Zones sensibles, 2017