ONOMATOPÉES,

Impressions en typographie manuelle,

18 planches tirées à 15 exemplaires, 26,5 x 18,5

réalisées sur les presses du Musée de l’imprimerie de Nantes.

D'après le Dictionnaire des onomatopées de Bernard Miot, Robert Morel éditeur, 1968

 

 

"Enfants, nous n'entrons pas dans le langage par une étude consciente des règles de la syntaxe et de la grammaire ou en mémorisant les définitions des mots que donne le dictionnaire. Nous produisons activement des sons - en criant de douleur et en riant de plaisir, en hurlant et en babillant, en nous amusant à imiter notre entourage sonore. À travers ces imitations, nous entrons progressivement dans les mélodies spécifiques de la langue locale, et nos corps sonores en viennent peu à peu à faire écho aux accents partagés par ce lieu et par notre communauté."

"Si, à la vérité, nous ne sommes pas des intelligences immatérielles que des corps terrestres se bornent à héberger, si, d'emblée, nous sommes des êtres matériels, corporels, alors c'est la manière sensuelle, gestuelle qu'ont les sons parlés de signifier - leur résonance corporelle directe - qui rend toute communication verbale possible. C'est cette puissance expressive - l'influence pleinement sonore des mots parlés sur le corps sentant - qui nourrit les significations plus abstraites et conventionnelles que nous assignons à ces mots"

"Si le langage n'est pas un phénomène purement mental mais une activité sensuelle, corporelle, née de la réciprocité et la participation charnelles, alors nos manières de parler ont certainement été influencées par bien d'autres gestes, sons et rythmes que ceux de notre seule espèce. Et si le langage humain surgit de l'entrevue perceptible entre le corps et le monde, ce langage "appartient" au milieu animé autant qu'il nous "appartient". 

 

David Abram, Comment la terre s'est tue. Pour une écologie des sens, Les empêcheurs de tourner en rond/ La découverte, 2013.